La cartographie des données est le fondement de la sauvegarde
La préservation des informations d’entreprise, quelle que soit leur ampleur ou leur variété, représente un enjeu stratégique majeur pour toute organisation désireuse de pérenniser ses activités.
La volumétrie de données s’accroît de manière exponentielle, incluant aussi bien des documents financiers que des données marketing, opérationnelles ou encore des informations issues de systèmes tiers.
Avant même de définir les méthodes et les outils à mettre en place pour protéger ces ressources, une analyse minutieuse de leur nature et de leur portée est indispensable.
C’est dans ce cadre que la cartographie des données prend toute sa valeur : elle a pour rôle d’inventorier l’ensemble des référentiels d’information, de repérer leurs interdépendances, d’évaluer le cycle de vie de chaque élément et de cerner leur niveau de sensibilité.
Cet exercice, parfois exigeant, demeure toutefois essentiel, puisqu’il permet de focaliser les efforts de sauvegarde et de concevoir une stratégie adéquate pour différents types de données.
De plus, il n’est pas rare que la cartographie des processus complète cette démarche.
Cartographier les processus consiste à comprendre par où transitent les données, qui en est responsable, et dans quelles applications elles peuvent être dupliquées ou transformées.
Au fil de cette analyse, les zones de redondance se dévoilent, tout comme les emplacements de stockage et la durée d’utilisation effective des informations.
Bien exécutée, une telle approche éclaire les choix portant sur le budget, les priorités et l’architecture technique à déployer, afin de bâtir une protection robuste, prête à soutenir la croissance de l’entreprise à long terme.
Dans un environnement où la disponibilité et la fiabilité de l’information influencent parfois directement la compétitivité, la moindre faille peut mettre en péril la stabilité globale de l’organisation.
C’est pourquoi la sauvegarde n’a rien d’un simple rangement numérique : il s’agit d’un processus mûrement réfléchi, appuyé à la fois sur l’expertise des équipes techniques et sur la collaboration des acteurs, à tous les niveaux.
Hiérarchiser l’information : la classification comme moteur de l’efficacité
Cette organisation méthodique, focalisée sur la cartographie et l’analyse préalable des processus, prépare le terrain pour l’étape nécessaire suivante : l’élaboration d’une stratégie de sauvegarde adaptée à la variabilité de l’importance et de la criticité des données.
Si toutes les informations méritent d’être préservées, elles n’ont pas systématiquement la même valeur ni la même utilité dans la vie de l’entreprise.
Un rapport financier soumis à validation, par exemple, s’avère plus sensible qu’un ancien fichier de prospects longtemps délaissé.
De même, certains documents peuvent se voir attribuer un rôle légal incontournable, tandis que d’autres, plus anecdotiques, ne gardent qu’un intérêt historique.
Une bonne administration de cet ensemble réside dans une classification rigoureuse : chaque catégorie se voit associer un niveau de protection spécifique et une fréquence de sauvegarde adaptée.
Par exemple, des sauvegardes différentielles ou incrémentielles peuvent être déployées pour économiser du temps et de l’espace de stockage, tandis que les données vitales à l’activité sont couvertes par des points de restauration réguliers.
Cette vision sélective autorise une utilisation optimale des ressources, empêche l’encombrement des systèmes et maintient la fluidité de l’accès aux informations.
Sauvegarder tout, sans discernement, débouche nécessairement sur un gaspillage de moyens techniques, financiers et humains.
En conséquence, une réflexion globale apparaît indispensable : la compréhension précise de l’écosystème informationnel permet d’assigner les technologies et les process adéquats, tout en répartissant correctement les responsabilités.
D’ailleurs, l’efficacité du dispositif s’évalue aussi dans la durée.
Les entreprises qui intègrent une démarche de surveillance continue des performances, qu’il s’agisse de la disponibilité, du temps de restauration ou du respect des accords de service (SLA), détectent plus rapidement les fragilités et améliorent le dispositif en continu.
Elles gagnent ainsi un avantage concurrentiel en offrant une haute fiabilité à leurs équipes, leurs partenaires et leurs clients.
Bien articuler l’ensemble de ces éléments apporte un socle solide sur lequel s’appuyer pour développer de nouvelles opportunités.
Sauvegarde et qualité : un tandem gagnant
Au-delà de la mise à l’abri des informations, la sauvegarde se révèle un levier pertinent pour élever la qualité des données.
Les outils de contrôle, intégrés dans la chaîne de sauvegarde, traquent et isolent les éléments non conformes ou erronés, avant qu’ils ne s’installent durablement dans les bases de l’entreprise.
À l’aide de fichiers de rejet et d’alertes en cas d’anomalie, il devient possible de décharger les environnements de stockage de données défectueuses et de déclencher des actions correctives au moment opportun.
En procédant ainsi, on diminue la probabilité de décisions prises sur la base de données inexactes ou dupliquées.
Imaginez un cas où un lot de données défectueuses se propage dans plusieurs départements : cela peut engendrer des erreurs dans les analyses, des retards de production, voire la mise en œuvre de projets coûteux et mal ciblés.
En contraste, l’installation de sas de qualité agit comme une barrière, empêchant les problèmes de se diffuser et facilitant la correction immédiate.
Sur le plan financier, même si cette approche requiert quelques ressources supplémentaires, elle évite de payer bien plus cher pour rectifier des bouleversements à grande échelle.
Sur le plan culturel, elle favorise une mentalité préventive : la rigueur et la fiabilité deviennent des repères pour toute l’entreprise.
D’un point de vue opérationnel, la maintenance régulière de ces mécanismes ne doit pas être négligée.
L’évolution dans le temps des référentiels, la modification de certains schémas de données ou le changement de formats de fichiers peuvent générer de nouvelles incohérences qui, sans vigilance, échappent à tout contrôle.
Inclure systématiquement des vérifications qualitatives dans la phase de sauvegarde renforce la solidité globale du système d’information.
Cette démarche étend la notion de “protection des données” : on ne se contente pas de stocker, on valide, on corrige et on anticipe pour tirer le meilleur parti de son patrimoine informationnel.
Tenir compte du cycle de vie et des contraintes légales
Autre paramètre de grande envergure : le cycle de vie des données et les obligations légales.
Chaque secteur, chaque pays, chaque organisme peut imposer des règles de conservation particulières.
Parfois, il faut conserver certains documents sur une durée déterminée afin de satisfaire à des exigences de conformité, de traçabilité ou de preuve en cas de litige.
Toutefois, garder trop longtemps des données anciennes s’avère inutile, voire problématique au regard des réglementations sur la protection de la vie privée, comme le RGPD, ou d’autres dispositions législatives.
L’enjeu est donc de trouver le bon équilibre entre conserver tout et éliminer trop tôt.
Au fil du temps, l’entreprise peut accumuler quantité d’archives, dont l’origine et la pertinence deviennent floues.
Par peur de supprimer un élément important, on adopte alors une posture de rétention permanente, synonyme d’espace gaspillé et de confusion, puisque la localisation et l’intérêt de chacune de ces informations ne sont plus limpides.
Un stockage infini augmente, en outre, la surface d’attaque potentielle, chaque fichier pouvant représenter une brèche de sécurité supplémentaire.
C’est pourquoi combiner les cycles de sauvegarde à un inventaire périodique des archives (voire à une procédure de purge sélective) se révèle une pratique judicieuse.
Cela allège les coûts, accroît la performance des restaurations et assure une meilleure conformité globale.
Dans un univers où les réglementations se durcissent régulièrement, prendre en compte la dimension légale dès la conception d’un plan de sauvegarde évite de coûteuses mises en conformité a posteriori.
En anticipant la durée de vie effective des données, l’entreprise se ménage une flexibilité non négligeable en cas de fusion, de restructuration ou de contrôle réglementaire.
Elle s’en retrouve plus agile pour faire face aux imprévus et maintenir une politique de gestion de l’information saine et responsable.
Au-delà de la simple protection : la sauvegarde comme gouvernance globale
Cette analyse permet de constater que la sauvegarde des données va bien au-delà de la protection contre les pertes inopinées : elle s’inscrit dans une logique de gouvernance générale, attentive aux questions de qualité, de conformité et d’optimisation des ressources.
Pour parvenir à ce niveau de maturité, la première phase incontournable consiste à cartographier précisément l’écosystème informationnel, tant au niveau des données que des processus qui les alimentent.
Réalisée avec rigueur, cette étape offre une vue fine des priorités, des duplications et des risques, donnant ainsi matière à définir les protocoles de sauvegarde les plus adaptés.
Ensuite, le degré d’importance de chaque donnée doit être pris en compte pour calibrer la fréquence et la complexité des mécanismes de protection, évitant tout gaspillage de ressources.
Incorporer des contrôles de qualité dans le processus de sauvegarde apporte une plus-value considérable, puisqu’il garantit que les éléments critiques et opérationnels ne soient pas pollués par des erreurs ou des incohérences.
La prise en compte du cycle de vie et la conformité vis-à-vis des obligations légales parachèvent cette démarche.
Les données trop anciennes, dont la raison d’être est incertaine, ont tendance à encombrer l’environnement documentaire.
Au contraire, une entreprise proactive prévoit des procédures d’élimination contrôlée des données obsolètes, préservant ainsi un espace opérationnel, réduisant la complexité des restaurations et maintenant un haut niveau de sécurité.
C’est pourquoi, à l’arrivée, la sauvegarde apparaît comme un pilier essentiel de la gouvernance numérique.
Lorsqu’elle est pensée avec méthode, elle contribue à solidifier l’architecture du système d’information et peut favoriser une amélioration continue, au lieu de se résumer à un rituel de prévention des sinistres.
Toutes ces composantes, habilement articulées, permettent de bâtir une politique de sauvegarde solide et durable, conjuguant protection efficiente, pilotage des coûts et fiabilité croissante des données.
L’entreprise se trouve alors mieux armée pour consolider sa position sur le marché et saisir de nouvelles opportunités avec sérénité.
Yann-Eric DEVARS Consultant et formateur en architecture d'entreprise
Vous souhaitez maitriser TOGAF et l'ensemble de l'architecture d'entreprise par la pratique : découvrez notre formation intensive et 90% pratique
Vous souhaitez apprendre à gérer les projets IT vitaux ou stratégiques : découvrez notre formation intensive de 3 jours
Vous souhaitez passer au niveau supérieur en cartographie : découvrez nos formations de cartographie du Système d'Information
BUNDLE Complet
Retrouvez la méthode d'architecture d'entreprise complète DYNAMAP comprenant le manuel de cartographie du système d'information ainsi que le guide des livrables et le manuel de survie de l'architecte du système d'information dans un BUNDLE :
Manuel de cartographie du système d'information en PDF
Découvrez le guide illustré incontournable pour maîtriser l'art de la cartographie en architecture d'entreprise.
Ce manuel pratique et complet vous offre les clés pour identifier, représenter et optimiser la chaine de valeur, intégrant les processus vitaux, les objets métiers, les données, les logiciels, les infrastructures, les risques et les investissements de votre organisation.
Grâce à des méthodes éprouvées et des outils de modélisation avancés, vous apprendrez à visualiser et à gérer vos opérations de manière holistique.
Ce livre est essentiel pour tout professionnel cherchant à améliorer la performance, la résilience et la compétitivité de son entreprise.
© Yann-Eric DEVARS - DYNAMAP. Tous droits réservés.
Nous avons besoin de votre consentement pour charger les traductions
Nous utilisons un service tiers pour traduire le contenu du site web qui peut collecter des données sur votre activité. Veuillez consulter les détails dans la politique de confidentialité et accepter le service pour voir les traductions.